Pour me faire pardonner, voici la petite historiette. Sans images néanmoins, je n'ai tel un moisi Fromage de cliché à montrer.
Le réac tout d'abord choisit de polluer. Tout d'abord, il ne souffre pas d'écologisme aigu, comme Cécile Duflot. Et puis, le réac n'aime pas le train. Le train ne part pas de là où il habite, et n'arrive pas là où il veut aller. Le train est odieusement cher, et offre, en plus du déjeuner sandwich club aussi cher qu'un an d'abonnement à "Jours de Chasse" (café compris), une promiscuité parfois intolérable. (Note au MRAP : redoublez de vigilance sur la suite) En effet, le pékin moyen fréquentant un wagon de seconde classe est honteusement sans gêne. S'il est seul, les écouteurs vissés au sein du pavillon, dévorant des magazines qu'un présentateur de journal télévisé trouverait intellectuel ( les dernières infidélités sur une plage d'une star de cinéma en image gros plan ). Ou alors, jouant l'intello, il ouvre un gros bouquin écrit en anglais (Dan Brown ou Harry Potter), travaillant sa culture sur le dernier roman présenté en vitrine à la FNAC ("Il est super ce bouquin, tu devrais le lire je t'assure, ça se dévore"). En groupe, le même pékin partagera à n'en plus finir des conversations d'une épouvantable fadasserie, mélangeant les ébats sexuels des collègues de travail (ou les siens), la dernière intervention télévisée du prince régnant, et une analyse d'une finesse exemplaire sur la crise et les problèmes techniques de son décodeur Canal.
(Seconde note au MRAP : veuillez cherche la définition de pékin. Il ne s'agit pas d'attaque envers la population de Beijing. Vous pouvez remplacer à l'envi le mot "pékin" par "quidam" (c'est du latin), ou plus simplement pour vous par "mec lambda (c'est du grec)". Cela étant, la dernière solution présente une intolérable discrimination envers les "femmes lambda". Vous pouvez le signaler à la HALDE en cliquant ici).
Revenons-en à nos moutons : voici donc l'horrible voiture polluante emplie à craquer de sacs, de skis, d'amis (également réacs), de pétrole, et d'autres accessoires non discriminatoire. Je m'accuse de n'avoir point respecté la règle d'égalité homme-femme, ni d'égalité des chances. Les quotas et les richesses (pour notre pays) sont restées en minorité discriminatoires.
Quelques cafés, kilomètres, tempête, chaînes et heures plus tard, voici le réac arrivé. Et durant cette semaine, le réac a mesuré toute la portée de la phrase : le tourisme, première ressource française. En effet, dans cette période en dehors de toute vacances, le petit village était peuplé presque uniquement de touristes étrangers : belges et hollandais pour l'immense majorité.
Autre population : les étudiants, venant en délégation d'écoles. Ahhhhhhhhhhhhhhhh les superbes élites de demain. Ah la douce odeur de Marie-Jeanne flottant dans le couloir. Ah, l'oeil explosé, la gueule complètement à l'ouest du voisin défoncé et presque pas tibulaire (Note au MRAP : attention, tibulaire n'existe pas, il s'agit d'un jeu de mot. Ne surtout pas remplacer "tibulaire" par "catholique"). Ahhhh, les doux cris et hurlement lancés à quatre heures du matin dans les couloirs, afin de réveiller tout le monde. Ces jeunes peigne-cul nirvaniqués, dont les dessins phalliques sur neige, d'une finesse extrême, enchantent les occupants des télésièges voisins, sont à n'en pas douter également une part non négligeable de la richesse culturelle de notre pays.
Mais la magie du spectacle vaut bien tout ce charivari. Quel superbe paysage offrent à nos yeux ravis les montagnes ouatées ! Tout au sommet des pistes, devant ces beautés si puissantes, ces rochers escarpés, ces si fières aiguilles, ces reflets colorés, on se prend à contempler. Ici même la nature cherche à monter vers Dieu. Et avec la nature, si on la laisse aller, l'âme s'envole à tire d'aile. "Mon Dieu que c'est beau". Devant tous ces géants de pierre, le réac n'est plus rien. Le moindre petit rocher le balaye aisément. Si devant cette nature le réac est fourmi, qu'est-il donc devant Dieu ?
C'est à regret bien sûr qu'il nous fallut rentrer, les flocons parisiens attendaient le réac. La folie quotidienne avait bien continué. Je découvre ravi, suite aux éructations mrapiennes, les billets savoureux des blogueurs servis dans le fameux rapport : Polydamas, Fromage plus, Hank, Pélicastre, etc.
Je n'y suis pas cité : suis-je donc "respectable" ? Peut-être tout simplement trop "jeune". Heureusement, le rapport précise bien :
"Important : comme le précise le titre, la mention d'un site dans cette étude ne signifie pas qu'il soit considéré par le MRAP comme raciste, quel que soit l'avis du MRAP sur son contenu. Par ailleurs, son absence ne vaut pas brevet de respectabilité."
Car évidemment tout le monde était persuadé que le MRAP est l'autorité qui décerne les brevets de respectabilités, tel un organisme dictatorial censeur de la liberté d'expression. Allez, vive la liberté, vive la France, vive la tolérance, vive le MRAP.



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